PRÉPARATION À LA PRÉPA
📘 Livret Louis-le-Grand — Exercices 1 à 20
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Exercice 1 — Somme des cubes ●●○○○
Énoncé
Montrer que, pour tout entier n ≥ 1 :
13 + 23 + ··· + n3 = [n(n + 1) / 2]2.
✅ Corrigé écrit
On raisonne par récurrence. Pour n = 1, les deux membres valent 1.
Supposons la formule vraie au rang n. Alors :
13 + ··· + n3 + (n + 1)3
= [n(n + 1)/2]2 + (n + 1)3
= (n + 1)2[n2/4 + n + 1]
= [(n + 1)(n + 2)/2]2.
La propriété est donc vraie au rang n + 1, puis pour tout n ≥ 1.
Exercice 2 — Puissances de 5 ●●○○○
Énoncé
Montrer que, pour tout n ∈ ℕ, il existe un entier impair λn tel que :
52n = 1 + 2n+2λn.
✅ Corrigé écrit
Pour n = 0, 5 = 1 + 22 × 1 : on peut prendre λ0 = 1, qui est impair.
Supposons 52n = 1 + 2n+2λn, avec λn impair. En élevant au carré :
52n+1 = (1 + 2n+2λn)2
= 1 + 2n+3[λn + 2n+1λn2].
On pose λn+1 = λn + 2n+1λn2. C’est la somme d’un impair et d’un pair, donc un entier impair.
Exercice 3 — Suite arithmético-géométrique ●●●○○
Énoncé
Soient a, b ∈ ℝ et un+1 = aun + b. Calculer un en fonction de n et de u0, puis étudier la convergence de la suite.
✅ Corrigé écrit
Si a = 1, la suite est arithmétique : un = u0 + nb.
Si a ≠ 1, l’équation ℓ = aℓ + b donne ℓ = b/(1 − a). Posons vn = un − ℓ. Alors vn+1 = avn, donc :
un = (u0 − ℓ)an + ℓ.
Pour a ≠ 1, la suite converge si −1 < a < 1, ou si u0 = ℓ (suite constante). Dans ces cas, sa limite est ℓ.
Exercice 4 — Suite et logarithme ●●●○○
Énoncé
La suite (tn) est définie par t0 = 1 et tn+1 = √tn / e. Exprimer tn puis étudier sa convergence.
✅ Corrigé écrit
Les termes sont positifs. Posons vn = ln(tn). Alors :
vn+1 = ½vn − 1, v0 = 0.
Le point fixe vaut −2. Ainsi vn + 2 = (½)n(v0 + 2), d’où :
vn = 2(½)n − 2
et tn = exp[2(½)n − 2].
Comme (½)n tend vers 0, tn tend vers e−2.
Exercice 5 — Somme des termes précédents ●●●○○
Énoncé
x0 = 1 et, pour tout n ∈ ℕ, xn+1 = x0 + x1 + ··· + xn. Exprimer xn.
✅ Corrigé écrit
Pour tout n ∈ ℕ :
xn+2 = (x0 + ··· + xn) + xn+1 = 2xn+1.
Or x1 = x0 = 1. À partir du rang 1, la suite est géométrique de raison 2 :
x0 = 1 et, pour n ≥ 1, xn = 2n−1.
Exercice 6 — Itérées d’une fonction ●●●●○
Énoncé
Soit c > 0 et f(x) = x/√(1 + cx2). Calculer f(f(x)), puis f(f(f(x))) et généraliser.
✅ Corrigé écrit
Un calcul direct donne :
f²(x) = x/√(1 + 2cx²), f³(x) = x/√(1 + 3cx²).
On conjecture fn(x) = x/√(1 + ncx²). Si la formule est vraie au rang n, son remplacement dans la définition de f donne immédiatement :
fn+1(x) = x/√(1 + (n + 1)cx²).
La formule est donc vraie pour tout entier n ≥ 1.
Exercice 7 — Récurrence d’ordre 2 ●○○○○
Énoncé
u0 = 2, u1 = 5 et un+2 = 5un+1 − 6un. Montrer que un = 2n + 3n.
✅ Corrigé écrit
Les rangs 0 et 1 vérifient la formule. Supposons-la vraie aux rangs n et n + 1. Alors :
un+2 = 5(2n+1 + 3n+1) − 6(2n + 3n)
= 4·2n + 9·3n
= 2n+2 + 3n+2.
La récurrence double conclut.
Exercice 8 — Conjecturer puis démontrer ●●○○○
Énoncé
u0 = 1, u1 = 2 et, pour n ≥ 1, un+1 = un2/un−1. Conjecturer un puis démontrer la formule.
✅ Corrigé écrit
Les premiers termes sont 1, 2, 4, 8, 16 : on conjecture un = 2n.
La formule est vraie aux rangs 0 et 1. Si elle est vraie aux rangs n et n + 1, alors :
un+2 = (2n+1)² / 2n = 2n+2.
Donc un = 2n pour tout n ∈ ℕ.
Exercice 9 — Suite alternée ●●●○○
Énoncé
u0 = 0 et un+1 + un = n. Exprimer un en fonction de n.
✅ Corrigé écrit
Les premiers termes sont 0, 0, 1, 1, 2, 2… On conjecture :
un = ⌊n/2⌋.
Si n = 2k, alors un+1 = 2k − k = k = ⌊(n + 1)/2⌋. Si n = 2k + 1, alors un+1 = 2k + 1 − k = k + 1 = ⌊(n + 1)/2⌋. La récurrence conclut.
Variante u0 = 2 : on obtient u2k = k + 2 et u2k+1 = k − 2. .
Exercice 10 — Identité de Cassini ●●●○○
Énoncé
Pour la suite de Fibonacci, on pose Δn = FnFn+2 − Fn+12. Conjecturer une formule, la démontrer par récurrence, puis la retrouver avec la formule de Binet.
✅ Corrigé écrit
Les premières valeurs sont −1, 1, −1, 1… On conjecture Δn = (−1)n+1.
En utilisant Fn+3 = Fn+2 + Fn+1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn :
Δn+1 = Fn+1Fn+3 − Fn+2² = −Δn.
Comme Δ0 = −1, Δn = (−1)n+1. La formule de Binet donne le même résultat en utilisant αβ = −1 et (α − β)² = 5.
Exercice 11 — Récurrence linéaire, deux racines ●●●●○
Énoncé
L’équation x² = ax + b admet deux racines réelles distinctes λ et μ. Déterminer les suites vérifiant un+2 = aun+1 + bun.
✅ Corrigé écrit
Comme λ² = aλ + b et μ² = aμ + b, toute suite de la forme wn = αλn + βμn vérifie la récurrence.
Les conditions initiales imposent :
α + β = u0, αλ + βμ = u1,
α = (u0μ − u1)/(μ − λ), β = (u1 − u0λ)/(μ − λ).
Une récurrence double montre alors que un = αλn + βμn. Pour l’exercice 7, λ = 2, μ = 3 et α = β = 1.
Exercice 12 — Récurrence linéaire, racine double ●●●●○
Énoncé
L’équation x² = ax + b admet une racine réelle double λ. Déterminer les suites vérifiant un+2 = aun+1 + bun.
✅ Corrigé écrit
Pour une racine double, λ² = aλ + b et a = 2λ. On vérifie par substitution que toute suite :
un = (α + βn)λn
vérifie la relation de récurrence. Les conditions initiales donnent α = u0 et, si λ ≠ 0, β = (u1 − u0λ)/λ. Une récurrence double établit ensuite la formule pour tout n.
Cas particulier λ = 0 : alors a = b = 0 et la suite est nulle à partir du rang 2 ; ce cas se traite séparément.
Exercice 13 — Une partie de ℕ* ●●●●○
Énoncé
Soit A ⊂ ℕ* contenant 1, telle que n ∈ A ⇒ 2n ∈ A et n + 1 ∈ A ⇒ n ∈ A. Montrer que A = ℕ*.
✅ Corrigé écrit
Comme 1 = 20 appartient à A et que n ∈ A entraîne 2n ∈ A, une récurrence donne 2m ∈ A pour tout m ∈ ℕ.
La seconde propriété permet de redescendre : si N ∈ A, alors N − 1, N − 2, …, 1 appartiennent à A.
Pour tout k ≥ 1, choisissons m tel que 2m ≥ k. Puisque 2m ∈ A, la descente donne k ∈ A. Ainsi A = ℕ*.
Exercice 14 — Fractions égyptiennes ●●●●○
Énoncé
Montrer que tout rationnel de ]0,1[ est une somme d’inverses d’entiers naturels deux à deux distincts. Appliquer l’algorithme à 5/17.
✅ Corrigé écrit
Écrivons x = m/n et n = qm + r, avec 0 ≤ r < m. Si r = 0, x = 1/q.
Sinon :
m/n − 1/(q + 1) = (m − r)/[(q + 1)n].
Le nouveau numérateur m − r est strictement inférieur à m. Une récurrence forte sur le numérateur termine donc l’algorithme, et les dénominateurs obtenus sont strictement croissants.
Pour 5/17 : 17 = 3×5 + 2, donc 5/17 = 1/4 + 3/68. Puis 68 = 22×3 + 2, d’où :
5/17 = 1/4 + 1/23 + 1/1564.
Exercice 15 — Encadrement d’une suite ●●●●●
Énoncé
u0 = 1 et, pour n ≥ 1, un = u⌊n/2⌋ + u⌊n/3⌋ + u⌊n/6⌋. Montrer un ≥ n + 1 et trouver C > 0 tel que un ≤ C(n + 1).
✅ Corrigé écrit
Minoration. Par récurrence forte, les indices ⌊n/2⌋, ⌊n/3⌋ et ⌊n/6⌋ sont plus petits que n. En appliquant l’hypothèse :
un ≥ ⌊n/2⌋ + ⌊n/3⌋ + ⌊n/6⌋ + 3 ≥ n + 1.
Majoration. Les premiers termes conduisent à prendre C = 3. On vérifie d’abord un ≤ 3n pour 1 ≤ n ≤ 5. Puis, pour n ≥ 6, les trois indices sont au moins égaux à 1 et la récurrence forte donne :
un ≤ 3[⌊n/2⌋ + ⌊n/3⌋ + ⌊n/6⌋] ≤ 3n.
A fortiori, un ≤ 3(n + 1). La constante C = 3 convient.
Exercice 16 — Sommes de nombres 2k3ℓ ●●●●●
Énoncé
Soit S = {2k3ℓ ; (k,ℓ) ∈ ℕ²}. Montrer que tout entier positif est une somme d’éléments de S dont aucun ne divise un autre.
✅ Corrigé écrit
On procède par récurrence forte sur N. Pour N = 1, la décomposition 1 = 2030 convient.
Si N est pair, on décompose N/2 par récurrence puis on multiplie tous les termes par 2 : les propriétés de divisibilité sont conservées.
Si N est impair, choisissons k tel que 3k ≤ N < 3k+1. Le nombre N − 3k est pair. S’il n’est pas nul, on décompose (N − 3k)/2, puis on double chaque terme et on ajoute 3k. Les termes doublés sont pairs, 3k est impair et plus grand qu’eux : aucune nouvelle divisibilité n’apparaît.
Exercice 17 — Unicité dans ℚ(√2) ●●○○○
Énoncé
Soient a, b, c, d rationnels tels que a + b√2 = c + d√2. Montrer que a = c et b = d.
✅ Corrigé écrit
L’égalité donne a − c = (d − b)√2.
Si d ≠ b, alors √2 = (a − c)/(d − b), quotient de deux rationnels : √2 serait rationnel, contradiction.
Donc d = b, puis l’égalité initiale donne immédiatement a = c.
Exercice 18 — Irrationalité d’une racine carrée ●●○○○
Énoncé
Montrer que √3 est irrationnel. Généraliser.
✅ Corrigé écrit
Supposons √3 = p/q, avec p/q irréductible. Alors p² = 3q². Donc 3 divise p², puis p ; écrivons p = 3k. On obtient q² = 3k², donc 3 divise aussi q, contradiction avec l’irréductibilité.
Généralisation : pour tout entier N ≥ 1, √N est soit un entier, soit un irrationnel. En effet, si √N = p/q sous forme irréductible, l’unicité de la décomposition en facteurs premiers impose q = 1 ; N est alors un carré parfait.
Exercice 19 — Irrationalité de ln(3)/ln(2) ●●○○○
Énoncé
Montrer que ln(3)/ln(2) est irrationnel.
Vidéo : aucun lien n’est actuellement associé à cet exercice.
✅ Corrigé écrit
Supposons ln(3)/ln(2) = p/q avec p, q ∈ ℕ*. Alors q ln(3) = p ln(2).
En appliquant l’exponentielle :
3q = 2p.
C’est impossible : le membre de gauche est impair tandis que celui de droite est pair. Le quotient ln(3)/ln(2) est donc irrationnel.
Exercice 20 — Opérations et nombres irrationnels ●●○○○
Énoncé
- Montrer que la somme d’un rationnel et d’un irrationnel est irrationnelle.
- Montrer que le produit d’un rationnel non nul et d’un irrationnel est irrationnel.
- Donner des exemples pour la somme et le produit de deux irrationnels.
✅ Corrigé écrit
- Soient r rationnel et x irrationnel. Si r + x était rationnel, alors x = (r + x) − r serait rationnel : contradiction.
- Si r ≠ 0 est rationnel et rx rationnel, alors x = (rx)/r serait rationnel : contradiction.
- Somme rationnelle : √2 + (−√2) = 0. Somme irrationnelle : √2 + √3 (voir l’exercice 21). Produit rationnel : √2 × √2 = 2. Produit irrationnel : √2 × √3 = √6.





















